Serge a eu pendant pas mal de temps chez lui en dépôt — à vrai dire jusqu'à ce que le tirage en soit épuisé — son Serge Fiorio, paru à trois mille exemplaires, en 1992, aux Editions Le Poivre d'Âne.

Il en avait toute une pile, stockée en permanence sur l'un des meubles de sa salle-à-manger et il en fut le meilleur vendeur, évidemment. Comment, après avoir visité l'atelier, partir de chez lui sans avoir acheté l'ouvrage et se l'être fait dédicacer ? Ceux qui l'avaient déjà, l'offraient ensuite volontiers à leurs amis. Il faut dire que Maurin Gibert et Danièle Galliot n'avaient pas fait les choses à moitié, ils avaient tenu à ce que l'album soit d'une tenue impeccable — et il est à la hauteur de son sujet ! 

Serge dédicace son livre

Photo Satoru Yamamoto. Serge apposant une dédicace.

Après le tout prochain Habemus Fiorio ! que je suis en train de corriger inlassablement afin de le rendre fin prêt à être présenté lors de l'exposition Fiorio de l'été 2015 à la Médiathèque Lucien Jacques de Gréoux, viendront un jour Les Très Riches Heures du peintre Serge Fiorio. Autrement dit un nouvel album monographique venant prendre le relai du premier devenu, sinon introuvable, du moins à peu près inaccessible, parce que vendu aujourd'hui à un prix qui dépasse les bornes.

Une soucription sera une nouvelle fois nécessaire pour récolter des fonds et, maintenant que Serge n'est plus là, le blog sera bien utile pour la faire fructifier jusqu'à la somme autorisant la mise en fabrication. Heureusement, beaucoup de bons clichés sont en réserve dans les archives de Serge, inédits, qui nous donneront une idée encore plus large — et à la fois plus précise — de cet œuvre que l'on croit ne pas mal connaître — j'en suis ! —  mais que l'on ne fait, pour le moment, en fait, que seulement découvrir. 

Je vais reprendre la biographie publiée, la récrire en grande partie et, parce que s'arrêtant alors forcément en 1992, la mener surtout jusqu'à à son terme : le 11 janvier 2011, date fatale du décès de Serge.

Un cahier final sera consacré — sur deux colonnes dans chaque page — à ce qui se passe dans la vie de l'homme et du peintre en regard de ce qui se passe alors dans le monde. J'ai découvert cette façon de documentation intéressante, pleine de surprises par la confrontation directe, le vis-à-vis, en fin de volume dans une édition du Plaisir des météores de la très sensible Marie Gevers, paru — déjà autrefois ! — dans la collection Passé-Présent, chez Jacques Antoine.

Heureusement aussi, des collectionneurs avertis et intelligents sont d'ores et déjà sur les rangs, partants pour partager en acceptant que leurs trésors soient photographiés afin d'enrichir encore, en le diversifiant aux bons endroits, le choix des œuvres qui seront finalement sélectionnées.

C'est la loi, injuste et cruelle comme bien d'autres en bien d'autres domaines : une fois le peintre décédé, l'œuvre ne peut plus vivre publiquement que grâce à la petite musique de fête jouée, ou pas, autour de lui pour le faire connaître dans un monde aujourd'hui dominé, hélas, par un certain bruit.