Tous les deux amateurs aussi bien de têtes que de trognes, Jules Mougin et Serge en dessinent chacun de leur côté des quantités, sur des années. Tous les deux en sont spécialistes peut-on dire ! Jules grâce à son regard perspicace et à sa plume acérée par lesquels rien ne lui échappe de la nature d'une personne affichée au grand jour par les traits de son visage qu'il excelle à saisir au vol, à l'arrachée ! reproduits alors sans aucune concession, de préférence « noir sur blanc », dans le miroir dessiné du papier.

Ici, Jules semble rendre son hommage de facteur-poète, en se mettant dans son sillage, à Jour de fête réalisé en 49 par Jacques Tati : « Anch'io son postino ! » pourrait bien être le vrai titre de sa page.

JULES MOUGIN MULTI VISAGES1

C'est également en fin physiognomoniste que Serge invente à sa guise, selon ses rencontres — où il puise — et son imagination — qui déborde ! — dans le but d'en peupler ses nombreux Carnavals au village, ses cortèges de masques campés en rase campagne dans des paysages de neige. Ils les note en vitesse, « au passage », au crayon gris sur de petits cartons qu'il empile, le plus souvent en feuillets libres dans un recoin de l'atelier, sous un gros silex taillé offert par Jules justement ! Daté et signé de son nom à l'encre de chine, s'il vous plaît ! et mentionnant aussi le lieu de sa découverte !

Brochettes Serge

Il y pioche, de temps à autre, au besoin. Mais la plupart du temps, une fois un Carnaval mis en chantier, le peintre est heureusement pris aussitôt par « une fièvre de visages » — selon l'expression d'un autre fameux dessinateur, Henri Michaux. Et c'est pour cela que ses réserves de croquis restent habituellement inutilisées, à peu près intactes !

Il les feuillette alors pour se marrer mais, c'est irrésistible pour lui, rien que leur vision le stimule et, nombreuses, d'autres têtes « toutes faites » lui apparaissent, foisonnent bientôt sous ses yeux, parfois plus croquignolesques encore que celles croquées de mémoire, mais quand même sur le vif !

 

 

Quelques liens :

 

Notre amie Michèle Ducheny consacre deux pages à Jules Mougin dans son Giono et les peintres.

 

Elle l'évoque aussi dans la notice sur Louis Trabuc.

 

Une Haute-Provence de 1957.

Jules Mougin. Le billet de Gérard Allibert.

Pages d'écriture par Jules Mougin.

Dans les troglodytes de Jules et Jeanne Mougin.

Brochettes des jours de fête.

Jules Mougin.

Une dédicace du facteur-poète Jules Mougin.

Une page de Jules, présentée par Gérard Allibert.