Dans son billet du 29.06, Gérard Allibert nous parlait abondamment de ce désastre humanitaire que fut la Retirada, conséquence et réaction au régime criminel de Franco qui, il faut le rappeler, avait l'appui de l'Eglise.

Serge peignit deux Halte des réfugiés espagnols : celle que présente donc Gérard, et celle que je viens de finalement retrouver, enfouie dans les archives de Serge — aujourd'hui reproduite ci-dessous. A vrai dire, il est difficile de savoir avec certitude laquelle a été la première à avoir été peinte, d'autant plus qu'elles l'ont été, chacune, à la même période.

Toutes deux ont à mes yeux des airs de famille avec des œuvres de Picasso : un certain esprit de témoignage, perpétuant le souvenir. Air de famille qui se retrouve encore à vrai dire continué et accentué par les couleurs et les formes  : des moyens proches employés par chacun des deux peintres, et même jusqu'à une certaine manière

Je ne fais nullement allusion ici à Guernica* dont le style est si éloigné de la peinture de Serge, mais d'œuvres d'esprit plus intimiste peintes — à propos de pauvres ou tragiques destins — par Picasso durant la période bleue essentiellement. 

Halte des Réfigiés espagnols

Photo x.

Quoi qu'il en soit, les Halte de Serge sont toutes les deux bien expressives de ce drame humain, de ce tragique qui frappa si fort. Sur l'une et l'autre : pas d'hommes !

Dans son souvenir vivace, Serge m'avait dit avoir vu les réfugiés en un lieu situé un peu à l'écart du village de Taninges. Taninges d'où il est parti définitivement en 1940.

Le peintre ne retient dans sa vision que des femmes en compagnie d'un bébé au sein et d'enfants, d'un cheval fidèle : image poignante et révélatrice aussi de ce qui reste de ces familles meurtries en leur âme, bouleversées et désorganisées. Familles qui, bien qu'à la merci des évènements et de l'attitude de leurs semblables, n'ont pas perdu courage. Cette femme debout, bien droite, qui tient le cheval d'une main nous le dit clairement.

Il est intéressant de remarquer que c'est le drame de la famille qui, avant tout, frappe Serge. Celle-ci est tellement importante et primordiale dans sa vie ! que c'est exclusivement à travers elle que l'événement lui parle et, en peintre, c'est à son drame à elle que sur ses deux œuvres — peintes sur bois — il sera donc le plus sensible.

*À son propos, une petite histoire : quand Gérard m'envoya son article à transférer sur le blog, j'applaudis bien entendu à sa généreuse et bienvenue nouvelle collaboration, mais fus déçu de la reproduction du fameux Guernica. Et, dans mon ignorance, je lui demandais s'il n'avait pas une reproduction plus colorée à fournir ! je trouvais celle-ci beaucoup trop terne !

Guernica

Sa réponse fusa, pleine d'une secrète malice : « Là, nous allons avoir quelques problèmes car, depuis 73, Picasso est mort ! »

J'avoue que franchement je ne comprenais pas ! Et je me mis moi-même à la recherche d'un Guernica en couleur !

Patratas, la réalité me tomba alors dessus de tout son poids, en plein écran : Picasso avait bien peint son Guernica comme cela, tout en sépia, noir et grisaille !

Je fis vite mon mea culpa d'ignorant devant le plus célèbre, peut-être, tableau du monde et Gérard eut la bonté d'âme de chercher pour moi, de dénicher et de me fournir quand même des Guernica en couleur, ceux que j'avais vus, comme en rêve, en lieu et place d'un cauchemar !

 

De Gérard Allibert :

Cher André ... et cher éventuel lecteur inconnu,

Les choses sont, comme toujours, infiniment plus complexes qu'un simple aperçu de la situation (du coup forcément manichéen) peut généralement le laisser penser ... mais bon, voici (à ma connaissance) quelques éléments (ils sont multiples et je vais donc en laisser de nombreux en route) à propos de cette relation Eglise/Etat dans l'Espagne d'alors (dont certains, cf. l’Opus Dei, demeurent cependant bien présents de nos jours) relation, André, que nous évoquions il y a peu.

 

- D'abord, peut-être, et comme souvent (sinon toujours) l'aspect économique (cette "violence des riches " dont nous parlions encore plus récemment) :

Au début des années 30 l'Espagne demeure un pays essentiellement agricole. Cultivé par des travailleurs pauvres (les "paysans sans terre" d'ici et d'ailleurs). L'immense majorité de ces terres appartenant à de grands propriétaires terriens (le duc de Medinaceli possède par exemple ... 79 000 hectares !)  or, parmi ces latifundistes, le plus grand se trouve être ... l'Eglise espagnole ! (et ce d'une façon très comparable à la situation monarchique de la France d'avant 1789 : noblesse /clergé/ tiers-état).

Du coup, le ferment de la révolte ... et de la "vengeance" prendra facilement parmi ce petit peuple véritablement misérable.

 

- Juillet 36,  la guerre éclate (suite donc au coup d'état de Franco contre la République nouvellement établie ... après l'abdication du roi, et aux imposantes manifestations populaires qui l'ont précédée).

Une des premiers décisions des anarchistes [ Ils sont alors  très nombreux et véritablement influents en Espagne. Là encore, le fait que l'Espagne soit un pays essentiellement agricole joue à leur avantage : l'idéologie "libertaire" s'implante mieux parmi la paysannerie ... que la traditionnelle (si l'on veut) approche "communiste", qui elle (cf. en Russie soviétique les positions pour le moins méfiantes de Lénine vis à vis des paysans) prend plutôt son appui sur les " prolétaires " ... qui travaillent en usine  (Je simplifie beaucoup !) ]

... une des premières décisions des anarchistes (dans les régions où ils sont "au pouvoir"→ il y eut, oui oui, des "ministres anarchistes" en Espagne !!!  dont la fameuse Federica Montseny ... qui, bien avant Simone Veil ! rédigea le 1er projet de loi européen en faveur de l'avortement  pour diverses raisons - dont la misère - les naissances " non désirées " étant alors un drame social et humain considérable)

une de leurs premières décisions est donc (!) la "confiscation"  immédiate des terres (là encore sur le modèle de la révolution française) puis leur "redistribution" auprès de ces mêmes paysans sans terre.

On devine aisément que cela n'a pas plu au clergé ... et a "mécaniquement" conforté son appui au camp franquiste. Lequel prétendait de plus combattre " au nom de Dieu " (D'où le fameux " Viva la muerte " des phalangistes de Primo de Rivera ... à rapprocher du cri des actuels islamistes fondamentalistes ... pareillement bienheureux de sacrifier leurs vies au cours du Djihad).

- Par ailleurs, les anarchistes (" libres penseurs " de nature -> Ni dieu, ni maître) voient (à l'exemple de la révolution russe) dans la religion "l'opium du peuple". 

L'esprit de vengeance (déjà cité) conduisant alors ici et là à des massacres de prêtres ... et même (?) de religieuses. 

Simone Weil (l'autre !) un temps engagée dans les Colonnes anarchistes dénoncera ces exactions *... tout comme Bernanos, écrivain chrétien d'abord lié  idéologiquement aux franquistes dénoncera (inversement !) celles des nationalistes dans De grands cimetières sous la lune. 

Les horreurs de la guerre redoublées par celles de la guerre (dite) civile.

Dans un camp et dans l'autre, on dénonce alors la "Terreur rouge" et la "Terreur blanche" !

Du coup (?) le 16 avril 1939, après la victoire franquiste, le pape Pie XII déclarera (ce qui ne sera pas la seule de ses prises de position à demeurer controversée ...) que "L'Espagne est la patrie élue de Dieu"  ... puis le 24 avril :  "C'est avec une joie immense que Nous nous tournons vers vous, très chers fils de la très catholique Espagne, pour vous exprimer nos félicitations paternelles en raison du don de la paix et de la victoire, dont Dieu a daigné couronner l'héroïsme de votre foi et de votre charité."

Fermez le ban.

On notera toutefois la singularité du  clergé basque qui, lui, est resté durablement fidèle aux petites gens et aux forces républicaines dans sa région.

Le 15 août 1936 à Pampelune une vingtaine de ces prêtres seront ainsi fusillés, mais par les phalangistes ... et au nom du Christ-roi. Viva la muerte ...

Pour finir ce long "commentaire", on pourra néanmoins observer (même si cela n'excuse évidemment pas l'inexcusable) que le nombre d'exécutions sommaires d'un camp et de l'autre n'est  vraiment pas du même ordre de grandeur  ... lesquelles exécutions  se perpétueront d'ailleurs sous la botte de Franco bien après la fin du conflit armée (aucun chiffre officiel évidemment, mais  les estimations vont  de 30 000 à 200 000 pour la période 1939-1943 ... période au cours de laquelle les démocraties européennes avaient d'autres chats à fouetter ...).

 

- Un dernier élément, anecdotique celui-là (mais pas que) ... Si les anarchistes possédaient autant d'influence au début de ce conflit, ils le doivent aussi (et beaucoup) à la présence d'un leader (si j'ose dire !) très charismatique : Buenaventura Durruti . Eh bien (voilà l'anecdote) Durruti  (quasi toujours présent sur le front)  avait un secrétaire ... de campagne. Un homme de grande confiance naturellement !

Il s'agissait de ... l'abbé Jésus (ça ne s'invente pas !) Arnal.

 ...

 * Face à la multiplication de ces tueries (qui risquaient en outre de dégrader fortement l'image du camp républicain à l'étranger) la presse anarchiste espagnole s'emploiera rapidement à les condamner ... ainsi que leurs auteurs.

Parallèlement, Juan Garcia Oliver, autre anarchiste à la tête d'un ministère (!) celui de la justice en l'occurrence, ordonnera alors la création de "camps de travail" (après le coup d'état surprise de Franco rien n'était prévu à cet effet) afin de mettre enfin les prisonniers à l'abri des exécutions sommaires.

Maria avait deux enfants, chantait Jean Ferrat ...

 

Traduction et ajouts de notre ami Agostino Forte :

 

L’altra “Tappa dei rifugiati spagnoli

Nel suo biglietto dello scorso 29 giugno Gérard Allibert ci parlò ampiamente di quel disastro umanitario che fu la Retirada, conseguenza ed esito al regime criminale di Franco che, bisogna ricordarlo, aveva l’appoggio della Chiesa. Serge dipinse due Halte des réfugiés espagnols: quella presentata da Gérard e quella che ho appena ritrovata seppellita negli archivi di Serge, che riproduco qui di seguito. A dire il vero è difficile saper con certezza quale delle due sia stata la prima ad essere dipinta a maggior ragione che esse appartengono allo stesso periodo. Entrambe hanno ai miei occhi delle somiglianze con delle opere di Picasso : un certo spirito di testimonianza, un mantenere vivo il ricordo. Somiglianza che si ritrova ancora, a dire il vero, continuata e accentuata dai colori e dalle forme: una prossimità che ciascun pittore sembra esprimere nel metodo, quasi a palesare una affinità di maniera. Non faccio qui minimamente allusione a Guernica(*), il cui stile è assolutamente lontano dalla pittura di Serge, mi riferisco invece alle opere di carattere più personale – riguardanti poveri o tragici destini – dipinte da Picasso principalmente durante il periodo blu. In ogni caso le due “Tappe” di Serge esprimono in maniera molto eloquente questo dramma umano, questa tragedia che colpì così duramente. Sull’una come sull’altra tavola nessuna immagine d’uomo.

Nella vividezza del suo ricordo Serge mi aveva detto di aver visto i rifugiati in un posto poco fuori da Taninges. Quello stesso villaggio di Taninges da dove partì definitivamente nel 1940. Nella sua rappresentazione il pittore prende in considerazione delle figure di donne in compagnia di un neonato che viene allattato, di un fanciullo, di un fido cavallo : immagine struggente e rivelatrice anche di ciò che resta di quelle famiglie martoriate nell’anima, sconvolte e scombussolate. Famiglie che, benché alla mercè degli avvenimenti e dei comportamenti dei loro simili, non si sono perse di coraggio. Sembra mostrarcelo chiaramente quella donna in piedi, ben dritta, che tiene il cavallo con una mano. È interessante sottolineare che a colpire Serge è prima di tutto il dramma della famiglia. Proprio perché riveste un ruolo molto importante e primario nella sua vita, essa è l’avvenimento che gli parla e, da pittore, su questo dramma particolare convoglierà nelle due opere (dipinte su legno) tutta la sua sensibilità.

(*) A questo proposito va detta una cosa: quando Gérard m’inviò il suo articolo per il blog, mi rallegrai per la sua generosa e rinnovata collaborazione ma rimasi insoddisfatto della riproduzione del famoso dipinto Guernica. Nella mia ignoranza gli chiesi se non avesse una riproduzione più colorata da proporre trovando questa estremamente scialba!

La sua risposta colò carica di segreta malizia : « Al riguardo abbiamo qualche problema perché Picasso è morto nel 1973! ». Confesso di non aver affatto  compreso il senso di quella risposta. Mi misi così alla ricerca di un Guernica a colori. Patapum!, la realtà mi crollò addosso in tutta la sua ovvietà perché Picasso aveva dipinto il suo Guernica proprio così: coi seppia i neri e i grigi. Mi affrettai a fare il mea culpa dello sprovveduto davanti a uno dei più celebri quadri del mondo. Gérard, comunque, ebbe la bontà d’animo di cercarmi, scovare e fornirmi alcuni Guernica a colori, quelli che avevo visti, come in un sogno, per sostituire quello da incubo!

Da Gérard Allibert :

 Caro André … e caro, eventuale, sconosciuto lettore,

le cose sono, come sempre, infinitamente più complesse di quel che un primo approccio al problema (e per questo necessariamente schematico) può generalmente lasciar pensare … comunque, ecco (per ciò che so) alcuni elementi (sono molteplici e quindi ne lascerò molti per strada) a proposito della relazione Chiesa/Stato nella Spagna d’allora ( di cui alcuni, p.es. l’Opus Dei, restano a tutt’oggi ben presenti) relazione, André, a cui accennavamo poco tempo fa.

- Prima di tutto citiamo come si fa sovente (se non sempre) l’aspetto economico (questa “violenza dei ricchi” di cui parlavamo recentemente) :

All’inizio degli anni ’30 la Spagna è ancora un paese essenzialmente agricolo, coltivato da lavoratori poveri (i “contadini senza terra” d’ogni dove). La stragrande maggioranza di quelle terre apparteneva ai grandi proprietari terrieri (il duca di Medinaceli possedeva ad esempio … 79.000 ettari) ora, tra quei latifondisti, il più grande si trova ad essere … la Chiesa spagnola ! (e questo somiglia tantissimo alla situazione monarchica della Francia prima del 1789 : nobiltà – clero – terzo stato).

Stando così le cose, il fermento della rivolta … e della “vendetta” attecchirà facilmente in mezzo a questo popolino veramente miserabile.

- Luglio 1936, scoppia la guerra (seguita dunque al colpo di stato di Franco contro la Repubblica appena insediata … all’abdicazione del re e alle imponenti manifestazioni popolari che l’hanno preceduta).

Una delle prime decisioni degli anarchici [allora numerosissimi e particolarmente influenti in Spagna. Inoltre, il fatto che la Spagna sia un paese essenzialmente agricolo torna a loro vantaggio : l’ideologia “libertaria” si radica meglio tra i contadini … del tradizionale (diciamo così) approccio “comunista” che (si vedano nella Russia sovietica le posizioni a dir poco diffidenti di Lenin nei confronti dei contadini) fa conto sui “proletari” … che lavorano nelle officine (sto semplificando molto ! )]

… una delle prime decisioni degli anarchici (nelle regioni che li vedono “al potere” → ci furono in Spagna – sì, proprio così - dei “ministri anarchici” !!! tra i quali la famosa Federica Montseny(1) ... che, ben prima della Simone Veil redasse il primo progetto di legge europea a favore dell’aborto → per diverse ragioni - tra cui la miseria – le nascite “non desiderate” essendo allora un dramma sociale e umano considerevole) una delle loro prime decisioni è quindi (!) la “confisca” immediata delle terre (anche qui sempre sul modello della rivoluzione francese) e successivamente la loro “redistribuzione” a favore degli stessi contadini senza terra.

Si può facilmente arguire che tutto ciò non piacque al clero … che “automaticamente” confortò del suo appoggio il campo franchista il quale pretese per questo di combattere “nel nome di Dio” ( da qui il famoso “Viva la muerte” dei falangisti di Primo de Rivera … che si avvicina al grido degli attuali fondamentalisti islamici … altrettanto felici di sacrificare le loro vite nel corso del Jihad).

- Del resto, gli anarchici (“liberi pensatori” per natura → Né dio, né padrone) vedono (come nella rivoluzione russa) nella religione “l’oppio del popolo”. Lo spirito di vendetta (sopra accennato) condusse allora qui e là a dei massacri di preti … e anche (?) di religiose. Simone Weil (l'altra !) già volontaria nelle Colonne anarchiche denuncerà questi eccessi* … come Bernanos, scrittore cristiano ideologicamente legato in principio ai franchisti denuncerà (all’opposto) quelli dei nazionalisti nel suo “I grandi cimiteri sotto la luna” (2).

Gli orrori della guerra raddoppiati da quelli della guerra (cosiddetta) civile. In un campo e nell’altro ecco allora denunciare il “Terrore rosso” e il “Terrore bianco” !

E così (?) il 16 aprile 1939, dopo la vittoria franchista, il papa Pio XII dichiarerà (e non sarà l’unica delle sue prese di posizione a rimanere controversa …) che “La Spagna è la patria eletta da Dio” … poi il 24 aprile : “È con immensa gioia che Noi ci volgiamo a voi, carissimi figli della cattolicissima Spagna, per esprimervi le nostre paterne felicitazioni in ragione del dono della pace e della vittoria, coi quali Dio ha degnato coronare l’eroismo della vostra fede e della vostra carità”.

Fine delle dichiarazioni.

Singolare invece sarà la posizione del clero basco che restò stabilmente vicino alla gente comune e alle forze repubblicane della sua regione. Il 15 agosto 1936 a Pamplona una ventina di questi preti saranno fucilati … ma dai falangisti e in nome di Cristo-Re. Viva la muerte …

Per finire questa lunga “cronaca”, si potrà inoltre osservare (anche se questo non scusa l’inescusabile) che il numero delle esecuzioni sommarie d’una parte e dall’altra non è dello stesso ordine di grandezza … esecuzioni che continuarono sotto il tallone franchista ben oltre la fine del conflitto armato (nessuna cifra ufficiale ovviamente, ma le stime vanno da 30.000 a 200.000 per il periodo 1939-1943 … periodo nel corso del quale le democrazie europee avevano altre gatte da pelare …)

- un’ultima annotazione, aneddotica questa (ma non solo) … Se gli anarchici possedevano  tanta influenza agli inizi del conflitto, lo dovevano anche (e molto) alla presenza di un leader (se posso dirlo !) di gran carisma : Buenaventura Durruti . Ebbene (ecco l’aneddoto) Durruti (quasi sempre presente sul fronte) aveva un segretario … di campagna. Uomo di gran fiducia ovviamente!

Si trattava de... l'abate Jésus (non c’è nulla di inventato!) Arnal (3)

*A fronte del moltiplicarsi di queste uccisioni (che rischiavano inoltre di compromettere assai l’immagine del campo repubblicano all’estero) la stampa anarchica spagnola si darà prestamente da fare a condannarle … al pari dei loro autori. Parallelamente, Juan Garcia Oliver, altro anarchico alla testa di un ministero (!) quello della giustizia in questo caso, ordinerà quindi la creazione di “campi di lavoro” (dopo il colpo di stato a sorpresa di Franco niente fu previsto a questo scopo) al fine di mettere i prigionieri al riparo di esecuzioni sommarie.

Maria avait deux enfants (4) , cantava Jean Ferrat ...

 

Per il lettore italiano aggiungiamo queste note che crediamo di una qualche utilità:

 (1): Il 4 novembre 1936, la Confederación Nacional del Trabajo CNT, seppur tra tante polemiche, ottiene 4 ministeri nel nuovo governo presieduto da Largo Caballero: Juan Garcia Oliver alla giustizia, Juan Peiro all'industria, Juan Lopez Sanchez al commercio e Federica Montseny alla sanità. In qualità di Ministro della Sanità presenta, tra l'ostracismo del resto del parlamento, numerose proposte di legge: l'istituzione di luoghi d'accoglienza per l'infanzia abbandonata, normative per liberare le donne dalla schiavitù della prostituzione, inserimento sociale per le persone dotate di handicap e soprattutto la legalizzazione dell'aborto. Nessuna delle sue proposte di legge, a causa dell'opposizione degli altri Ministri sarà attuata. Il suo operato fu osteggiato anche dagli anarchici de Los Amigos de Durruti.

Simone Veil (….) fu Ministra della sanità nel governo di Jacques Chirac nel 1974, sotto la Presidenza di Giscard d’Estaing. La legge Veil, dal nome appunto della Ministra, sanciva il diritto all’aborto.

(2): Per le due figure di Simone Weil (…..) e Georges Bernanos (….) rispetto a I grandi cimiteri sotto la luna facciamo seguire la lettera della Weil a Bernanos nonché  un’estrapolazione dal libro in questione (tuttora reperibile) che fa riferimento all’edizione Mondadori del 1953 per la traduzione di Giacinto Spagnoletti.

LETTERA DI SIMONE WEIL A GEORGES BERNANOS

Signore, Per quanto sia ridicolo scrivere a uno scrittore, che è sempre, per la natura del suo mestiere, sommerso di lettere, non posso astenermi dal farlo dopo aver letto Les Grands cimetières sous la lune. Non è certo la prima volta che un Suo libro mi tocca; il Journal d’un curé de campagne è ai miei occhi il più bello, almeno fra quelli che ho letto, e davvero un gran libro. Ma se ho potuto amare altri Suoi libri, non avevo nessun motivo di importunarLa scrivendoglielo. Per l’ultimo, è un’altra cosa; ho avuto un’esperienza che corrisponde alla Sua, benchè più breve, meno profonda, situata altrove e vissuta, in apparenza - solo in apparenza -, con tutt’altro spirito.

Non sono cattolica, nonostante - ciò che sto per dire sembrerà senz’altro presuntuoso ad ogni cattolico, da parte di un non-cattolico, ma non mi posso esprimere diversamente - nonostante mai nulla di cattolico, nulla di cristiano mi sia sembrato estraneo. Talvolta mi son detta che se solo si affiggesse alle porte delle chiese che l’ingresso è vietato a chiunque gode di un reddito superiore a tale o talaltra somma, poco elevata, mi sarei convertita immediatamente. Sin dall’infanzia, le mie simpatie si sono rivolte verso quei raggruppamenti che si richiamavano agli strati disprezzati della gerarchia sociale, fino a che ho preso coscienza che questi raggruppamenti sono di natura tale da scoraggiare ogni simpatia. L’ultimo ad avermi ispirato una qualche fiducia era la C.N.T. spagnola. Avevo viaggiato un po’ in Spagna - abbastanza poco - prima della guerra civile, ma a sufficienza per sentire l’amore che è difficile non provare verso quel popolo; avevo visto nel movimento anarchico l’espressione naturale delle sue grandezze e delle sue tare, delle sue aspirazioni più o meno legittime. La C.N.T., la F.A.I. erano un’accozzaglia sorprendente, dove si ammetteva chiunque, e dove, di conseguenza, erano gomito a gomito l’immoralità, il cinismo, il fanatismo, la crudeltà, ma anche l’amore, lo spirito di fratellanza, e soprattutto la rivendicazione dell’onore così bella negli uomini umiliati; mi sembrava che quelli che venivano animati da un ideale prevalessero su quelli spinti dal gusto della violenza e del disordine. Nel luglio 1936 ero a Parigi. Non amo la guerra; ma ciò che mi ha sempre fatto più orrore nella guerra è la situazione di quelli che si trovano nelle retrovie. Quando ho capito che, malgrado i miei sforzi, non potevo fare a meno di partecipare moralmente a questa guerra, cioè di augurarmi ogni giorno, in ogni momento, la vittoria degli uni, la sconfitta degli altri, mi sono detta che Parigi per me era le retrovie, e ho preso il treno per Barcellona con l’intenzione di arruolarmi. Era l’inizio dell’agosto 1936.

Un incidente mi ha costretta ad abbreviare il mio soggiorno in Spagna. Sono stata qualche giorno a Barcellona; poi in piena campagna aragonese, lungo l’Ebro, a una quindicina di chilometri da Saragozza, nello stesso posto dove recentemente le truppe di Yaguë hanno passato l’Ebro; poi nel più lussuoso albergo di Sitges trasformato in ospedale; poi di nuovo a Barcellona; complessivamente pressappoco due mesi. Ho lasciato la Spagna mio malgrado e con l’intenzione di tornarvi; in seguito, volontariamente, non ne ho fatto niente. Non sentivo più alcuna necessità interiore di partecipare a una guerra che non era più, come mi era sembrato fosse all’inizio, una guerra di contadini affamati contro i proprietari terrieri e un clero complice dei proprietari, ma una guerra tra la Russia, la Germania e l’Italia. Ho riconosciuto quell’odore di guerra civile, di sangue e di terrore che emana dal suo libro; lo avevo respirato. Devo dire che non ho visto né sentito nulla che eguagliasse l’ignominia di certe storie che Lei racconta, quegli assassini di vecchi contadini, quei balilla che fanno correre degli anziani a manganellate. Eppure quello che ho sentito era sufficiente. C’è mancato poco che assistessi all’esecuzione di un prete; durante i minuti dell’attesa, mi chiedevo se avrei guardato semplicemente, o se mi sarei fatta fucilare io stessa, cercando d’intervenire; non so ancora ciò che avrei fatto, se un caso non avesse impedito l’esecuzione. Quante storie si affollano sotto la mia penna... Ma sarebbe troppo lungo; e a che pro? Una sola basterà. Ero a Sitges quando sono tornati, sconfitti, i miliziani della spedizione di Maiorca. Erano stati decimati. Su quaranta ragazzi partiti da Sitges nove erano morti. Lo si seppe soltanto al ritorno degli altri trentuno. La notte successiva, si fecero nove spedizioni punitive, si uccisero nove fascisti o sedicenti tali, in questa cittadina dove, in luglio, non era accaduto nulla. Fra questi nove, un fornaio di una trentina d’anni, la cui colpa, mi dissero, era di essere stato membro della milizia dei «somaten»; il vecchio padre, di cui era l’unico figlio e l’unico sostegno, impazzì. Ancora un’altra: in Aragona un piccolo gruppo internazionale di ventidue miliziani di tutti i paesi prese, dopo un breve scontro, un giovane ragazzo quindicenne, che combatteva fra i falangisti.

Appena preso, tutto tremante per aver visto uccidere i suoi compagni al proprio fianco, disse che stato arruolato a viva forza. Lo frugarono, gli trovarono addosso una medaglia della Vergine e una tessera di falangista; lo spedirono da Durruti , capo della colonna, il quale, dopo avergli esposto per un’ora le bellezze dell’ideale anarchico, gli fece scegliere tra morire e arruolarsi immediatamente fra i ranghi di quelli l’avevano fatto prigioniero, contro i suoi compagni di ieri. Durruti diede al ragazzo ventiquattr’ore per riflettere; al termine delle ventiquattr’ore, il ragazzo disse di no e venne fucilato. Eppure Durruti era sotto certi aspetti un uomo ammirevole. La morte di questo piccolo eroe non ha mai cessato di pesarmi sulla coscienza, benché l’abbia saputo soltanto dopo. Ancora questo: in un paese che rossi e bianchi avevano preso, perso, ripreso, riperso non so quante volte, i miliziani rossi, che lo avevano ripreso definitivamente, trovarono nelle cantine un pugno di esseri stravolti, terrificati e affamati, fra i quali tre o quattro giovani. Ragionarono così: se questi giovani, invece di venire con noi l’ultima volta che ci siamo ritirati, sono rimasti ad aspettare i fascisti, vuoi dire che sono fascisti. Quindi li fucilarono immediatamente, poi diedero da mangiare agli altri, e credettero di essere stati molto umani. Un’altra storia, quella delle retrovie: due anarchici mi raccontarono una volta come, con dei compagni, avessero preso due preti; uccisero l’uno sul posto, in presenza dell’altro, con una rivoltellata, poi dissero all’altro che se ne poteva andare. Quando fu a venti passi, lo abbatterono. Colui che mi raccontava la storia era molto sorpreso di non vedermi ridere.

A Barcellona si uccideva in media, sotto forma di spedizioni punitive, una cinquantina di uomini per notte. Proporzionalmente era molto meno che a Maiorca, poiché Barcellona è una città di quasi un milione di abitanti; del resto per tre giorni nelle strade si era svolta una battaglia particolarmente cruenta. Ma forse le cifre non sono l’essenziale in materia. L’essenziale è l’atteggiamento di fronte all’assassinio. Non ho mai visto, né fra gli Spagnoli, né perfino fra i Francesi venuti sia per combattere che per viaggiare - questi ultimi il più delle volte intellettuali scialbi e inoffensivi -, non ho mai visto nessuno esprimere neanche privatamente repulsione, disgusto o soltanto disapprovazione per il sangue inutilmente versato. Lei parla della paura. Sì, la paura ha avuto una qualche parte in questi massacri; ma là dove mi trovavo, non ho potuto vedere la parte che Lei le attribuisce. Uomini apparentemente coraggiosi - ce n’è almeno uno di cui ho personalmente constatato il coraggio - durante un pranzo pieno di cameratismo raccontavano con un buon sorriso fraterno quanti preti o «fascisti» - termine molto ampio - avessero ucciso. Per quanto mi riguarda, ho avuto la sensazione che quando le autorità temporali e spirituali hanno messo una categoria di esseri umani fuori da quelli la cui vita ha un prezzo, non c’è niente di più naturale per l’uomo che uccidere. Quando si sa che è possibile uccidere senza rischio di castigo o di biasimo, si uccide o almeno si circondano di sorrisi incoraggianti coloro che uccidono. Se per caso si prova un po’ di disgusto, lo si fa tacere, e presto lo si soffoca per paura di sembrare privi di virilità. Si tratta qui di un allenamento, di un’ebbrezza cui è impossibile resistere senza una forza d’animo che devo credere eccezionale poiché non l’ho incontrata da nessuna parte. Ho incontrato invece dei Francesi pacati, che fino ad allora non disprezzavo, che non avrebbero avuto l’idea di andare li persona a uccidere, ma che stavano immersi in quell’atmosfera intrisa di sangue con un visibile piacere. Per questi d’ora in avanti non potrò mai avere nessuna stima.

Un clima simile cancella subito il fine stesso della lotta. Poiché non si può formulare il fine se non riconducendolo al bene pubblico, al bene degli uomini - e gli uomini non hanno alcun valore. In un paese dove i poveri sono, nella stragrande maggioranza, contadini, il miglioramento della condizione dei contadini deve essere uno scopo essenziale per ogni raggruppamento di estrema sinistra; e forse questa guerra fu in primo luogo, agli inizi, una guerra per o contro la divisione delle terre. Ebbene, questi miserabili e fieri contadini d’Aragona, rimasti così fieri sotto le umiliazioni, non erano neanche per i miliziani un oggetto di curiosità. Senza insolenze, senza ingiurie, senza brutalità - almeno non ho visto niente di simile, e so che furto e stupro, nelle colonne anarchiche, erano passibili della pena di morte -, un abisso separava gli uomini armati dalla popolazione disarmata, un abisso del tutto analogo a quello che separava i poveri dai ricchi. Lo si avvertiva dall’atteggiamento sempre un po’ dimesso, sottomesso, timoroso degli uni, dalla spigliatezza, dalla disinvoltura, dalla condiscendenza degli altri.

Si parte come volontari, con idee di sacrificio, e si capita in una guerra che assomiglia a una guerra di mercenari, con molte crudeltà in più e con in meno il senso dei riguardi dovuti al nemico.

Potrei prolungare indefinitamente tali riflessioni, ma bisogna limitarsi. Da quando sono stata in Spagna, da quando sento e leggo ogni sorta di considerazioni sulla Spagna, non posso citare nessuno, eccetto Lei, che, per quanto io sappia, sia stato immerso, nell’atmosfera della guerra spagnola, e vi abbia resistito. Lei è monarchico, discepolo di Drumont - che me ne importa? Mi è più vicino, senza paragone, dei miei compagni delle milizie d’Aragona - quei compagni che, tuttavia, amavo. Ciò che Lei dice del nazionalismo, della guerra, della politica estera francese dopo la guerra mi ha ugualmente commossa. Avevo dieci anni al tempo del trattato di Versailles. Fino ad allora ero stata patriota con tutta l’esaltazione dei bambini in periodo di guerra. La volontà di umiliare il nemico vinto, che invase tutto in quel momento (e negli anni successivi) in maniera cosi repellente, mi guarì una volta per tutte da questo patriottismo ingenuo. Le umiliazioni inflitte dal mio paese mi sono più dolorose di quelle che può subire.

Temo di averLa importunato con una lettera così lunga. Non mi resta che esprimerLe la mia viva ammirazione.

S. WEIL

P.S. : Non sono riuscito a risalire al traduttore italiano della lettera di Simone Weil a Bernanos ma sono in attesa di averne notizia onde poterlo, come è giusto, segnalarlo in calce.

I CIMITERI SOTTO LA LUNA

(Parte Prima, Cap. III)

« Non tenterò alcuna giustificazione alle pagine che seguono e meno ancora al sentimento che mi spinge a scriverle. Una volta ancora, e questa volta più che mai, parlerò col mio linguaggio, sicuro che sarà ascoltato soltanto da quelli che lo parlano con me, che lo parlavano anche prima d’avermi letto, che lo parleranno anche quando non ci sarò più, quando la fragile memoria di me e dei miei libri sarà da tempo caduta nell’oblìo. Quelli soli m’importano. Nessun disdegno per gli altri. Ben lungi dal disdegnarli, mi piacerebbe anzi comprenderli di più, perché comprendere è già amare. (…) Poveri diavoli coloro i quali credono che il regno dell’Ingiustizia possa esser messo contro sé stesso opponendo l’ingiustizia all’ingiustizia » (pp. 63 ; 66 ) .

 

 (3): Jésus Arnal Pena fu curato nel villaggio di Candasnos. Diamo qui di seguito l’indicazione di alcune edizioni del libro che scrisse riguardo alla faccenda Durruti:

Mosén Jésus Arnal, Por que fui secretario de Durruti, Edicions Mirador del Pirineu – Andorra la Vieja (Principado de Andorra), F. Camps Calmet, Tárrega, 1972. (Mosén è titolo dato ai preti in Catalogna e Aragona e significa ‘Padre’).

Arnal Jésus, Per què vaig ser el secretari de Durruti?, 1997. Lleida, Pagès Editors, 1997, Traducció de Josep M. Martínez.

Jesús Arnal Pena, Por qué fui secretario de Durruti: Memorias del cura que ayudó al líder anarquista en la guerra civil (1936-1939), Milenio Publicaciones S.L. (2013)

(4):

MARIA AVAIT DEUX ENFANTS                MARIA AVEVA DUE BAMBINI

Maria avait deux enfants                                       Maria aveva due bambini
Deux garçons dont elle était fière                          Due ragazzi di cui andar fiera
Et c’était bien la même chair                                 Carne della sua carne
Et c’était bien le même sang                                  Sangue del suo sangue

Ils grandirent sur cette terre                                 Crebbero su questa terra
Près de la Méditerranée                                        Ai bordi del Mediterraneo
Ils grandirent dans la lumière                               Crebbero nella luce
Entre l’olive et l’oranger                                       Tra l’olivo e l’arancio

C'est presque au jour de leurs vingt ans               Mancava poco ai loro vent’anni
Qu’éclata la guerre civile                                      Quando scoppiò la guerra civile
On vit l’Espagne rouge de sang                            E si vide la Spagna rossa di sangue
Crier dans un monde immobile                             Gridare in un mondo immobile

Les deux garçons de Maria                                   I due ragazzi di Maria
N’étaient pas dans le même camp                         Non stavano dalla stessa parte
N’étaient pas du même combat                             Non li univa la stessa lotta
L’un était rouge et l’autre blanc                            Uno era rosso, l’altro bianco

Qui des deux tira le premier                                  Chissà chi dei due sparò per primo
Le jour où les fusils parlèrent                               Nel giorno che i fucili ebbero voce
Et lequel des deux s’est tué                                    E quale dei due si uccise
Sur le corps tout chaud de son frère                     Sul corpo ancora caldo del fratello

On ne sait pas. Tout ce qu’on sait                         Tutto quello che sappiamo
C’est qu’on les retrouva ensemble                        È che furono trovati insieme
Le blanc et le rouge mêlés                                     Il bianco e il rosso mischiati
A même les pierres et la cendre                             Alle pietre e alla cenere

Si vous lui parlez de la guerre                               Se le parlate della guerra
Si vous lui dites liberté                                           Se le dite libertà
Elle vous montrera la pierre                                 Vi mostrerà la pietra
Où ses enfants sont enterrés                                 Dove i figli son sepolti

Maria avait deux enfants                                       Maria aveva due bambini
Deux garçons dont elle était fière                          Due ragazzi di cui andava fiera
Et c’était bien la même chair                                 Carne della sua carne
Et c’était bien le même sang                                  Sangue del suo sangue