01 avril 2014

Le poisson d'avril.

   Quand les Fiorio habitaient encore Taninges — entre 1926 et 1939 — le grand plaisir de Serge, pour le 1er avril, était de confectionner un très long poisson en papier qu'il épinglait lui-même avec soin au dos de sa veste avant de la revêtir pour aller ensuite, comme si de rien était, déambuler nonchalamment dans les rues du village à la rencontre des enfants qui — bien naïvement à l'époque ! — mordaient alors volontiers à l'hameçon : Oh Serge ! comment ça va ? tu te balades ? et où tu vas comme ça ?  Et ils en... [Lire la suite]
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02 avril 2014

A la fenêtre de l'atelier.

  Comme le peintre, à cette heure déserte, est peut-être en train de faire une sieste dans sa chambre, d'en écraser tous rideaux tirés, un petit tube, groggy, lui, comme un boxeur, se repose et —qui sait ? — rêve d'un tout autre état définitif de son existence ; d'être bientôt, de devenir grâce au peintre, instrument du murmure de l'eau ou de celui du vent, grand feuillage par exemple ! Dans l'attente, endormi comme un tout petit enfant dans sa barque de carton, il vogue ! sans se presser, il voyage sur place ! Les hauts... [Lire la suite]
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03 avril 2014

Petit théâtre au village.

   C'est évidemment de Serge lui-même que je tiens cette petite histoire. Je ne sais s'il en inventa de toute pièce le dialogue ou si celui-ci eut lieu réellement. En se promenant par les rues du village de Taninges, un grand monsieur inconnu, « bien mis », selon ses propres dire, s'approche de lui et l'interpelle : «Bonjour Monsieur, je cherche l'idiot du village....» Alors, sans se dégonfler, Serge lui répond illico : «C'est moi !» Ce fut alors au tour de l'inconnu de renréchir avant de tourner... [Lire la suite]
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04 avril 2014

Le billet d'Agostino Forte.

   J’ai lu, jusqu'à aujourd’hui, tous les billets sur le blog. J’ai eu l’occasion de lire tout ce que tu dis sur la peinture de Serge. De même que les textes des autres. Au fur et à mesure que je regarde les tableaux et lis les phrases qui les accompagnent, j’apprends quelque chose de plus. Ça veut dire regarder de façon libre les sujets, les couleurs, et imaginer une sorte de conte  — même si tout cela ne trouve absolument pas place dans les intentions premières du peintre —un jeu ou un divertissement, à côté de... [Lire la suite]
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05 avril 2014

Histoire d'une restauration.

       La salle des ventes communique via internet la photo du tableau. Ma première impression est de penser qu'il s'agit d'une œuvre importante, située dans ce que tu appelles avec perspicacité, période de haute époque. Le personnage féminin vu de dos drapé de ce bleu éclatant et irréel me renvoie aux souvenirs de jeunesse de Magnan, tu connais la suite, c'est toi qui en restitues la chronologie. A ce moment, je ne comprends rien à ce tableau, l'ensemble me paraît sombre, je ne distingue aucun personnage... [Lire la suite]
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06 avril 2014

Nature et temps de la peinture.

   Peintre figuratif, mais non pas — du tout ! — « réaliste» ; sa peinture se situe dans le sillage d'une réalité vue, vécue, éprouvée, que tout à coup — et même le plus souvent après coup — le pinceau devance et recrée, transforme, métamorphose, fantasme et pour finir éternise !  Le temps de la peinture —celui de l'acte même de peindre aussi — est un temps hors du temps, pareil à celui du rêve, ou de la transe. Dans ses conditions, pourquoi dater les œuvres à côté de la signature ? Serge ne le fera... [Lire la suite]
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07 avril 2014

Aux Amis des Arts en 2011.

 C'est autour d'un grand portrait de l'artiste réalisé dans les années 80 par son ami le photographe Marcel Coen que quelques précieux documents furent rassemblés lors de la première exposition d'hommage posthume réalisée sous les auspices d'Henriette Lauga et des Amis des Arts de Reillanne. (Voir aussi le billet du 2 février 2014.) Une vingtaine de toiles étaient aussi, bien sûr, mises à l'honneur, la plupart d'entre elles étant encore inconnues du public. Serge était là chez lui, à deux pas de son atelier montjustinien, dans... [Lire la suite]
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08 avril 2014

Du côté des contes populaires.

   La peinture est quête intérieure sur le chemin de laquelle le regard du peintre débouche ici en un paysage de conte, de légende, surgi en résurgence dans l'œuvre. Cette plaine immense, où croisent de grosses fermes,  se souvient sans aucun doute encore très bien d'avoir été — par-dessous la nappe blanche dont le peintre la recouvre aujourd'hui entièrement — le lieu de sanglants étripages dont le château en ruine est cependant encore, debout et silencieux, un dernier témoin. Le ciel, gris métallique,... [Lire la suite]
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09 avril 2014

Le parti pris des choses.

   Des pommes et des poires disposées sur un linge autour d'un bouquet de fleurs s'épanchant dans un vase d'eau fraîche, ce n'est pas là la tasse de thé de Serge peintre pour ce qui est des Natures mortes. Ce qui ne l'empêche bien sûr nullement d'en admirer et même de s'en délecter chez bien d'autres, Chardin et Seyssaud en particulier, les hollandais aussi, par exemple. C'est sans doute cette situation — au départ peut-être frustrante et inconfortable — qui l'a subitement (en 1960, il s'est passé, en... [Lire la suite]
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10 avril 2014

Texte de Jean-Louis Depierris.

  Jean-Louis Depierris (1931-2001), né à Pau, pionnier du dialogue culturel entre la Croatie et la France, fut professeur de lettres à l’Université de Sibenik (Croatie). Il a publié une trentaine de livres dont treize recueils de poèmes et des traductions de poèmes croates. L’horizon, la mer, l’univers minéral le fascinent et l’inspirent. Dans un style elliptique et dense, par la contemplation et le vertige du vide, sa poésie interroge le monde. Jean-Louis Depierris est l’auteur d’une œuvre poétique que prolonge... [Lire la suite]
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