Comme on peut de visu le deviner, il s'agit ici de l'une des toutes premières tentatives de Paysage peint à l'huile et sur toile. Aucune date, aucune signature. Le peintre abandonnant ici — mais momentanément seulement — ses représentations d'ouvriers de la carrière ouvre une brèche dans son œuvre naissante et se lance, courageusement, avec les moyens du bord, dans cet exercice des plus périlleux pour le novice.

La toile porte simplement au dos l'inscription à l'encre de Chine : Serge Fiorio. Taninges. Il doit donc s'agir d'une vue d'un petit hameau haut-savoyard dont on distingue, au centre, deux-trois maisons autour du clocher en menhir. Le ciel bleu clair, assez sensible et lumineux, y contraste avec le rudimentaire des collines et la rusticité de la végétation.

Paysage rudimentaire Serge

Avec le recul du temps, on peut maintenant dire que la toile semble avoir été prémonitoire en ce sens que la morphologie des collines y a — un peu plus d'une décennie à l'avance — comme un fort avant-goût de celles de Haute-Provence où Serge affrontera ses capacités au paysage de ce pays, rêvé depuis longtemps déjà. 

Sur le dos de chaque colline, se distinguent diverses parcelles de culture qui préfigurent bien la façon qu'aura par la suite Serge d'inscrire et de délimiter le cultivé dans sa peinture : paysages d'Arlequin, selon le mot, très juste, du poète Axel Toursky.

Dans le bas, la toile a été coupée sur toute la longueur, le jeune peintre ayant jugé bon de le faire pour n'en conserver que le morceau de l'œuvre lui paraissant avoir quelque intérêt : moitié ciel, moitié terre, tout un programme qu'il commencera à mettre effectivement en œuvre un peu plus de dix ans plus tard, à Montjustin ! 

 

La traduction d'Agostino forte.

PRIMO PAESAGGIO ?

Da come si può indovinare alla prima occhiata, abbiamo sotto gli occhi uno dei primissimi tentativi di Paesaggio dipinto a olio su una tela. Non vi compare data né firma. Il pittore ha tralasciato per un momento le sue rappresentazioni di operai in cava aprendosi e avventurandosi coraggiosamente, nella sua opera in fieri – e con i mezzi a sua disposizione, in questo esercizio che per il novizio è uno dei più rischiosi.

La tela, sul verso, reca semplicemente un’iscrizione a inchiostro di china: Serge Fiorio. Taninges. Dovrebbe trattarsi quindi della veduta di un piccolo agglomerato dell’Alta Savoia nel quale si possono distinguere, al centro, due o tre casette attorno al campanile in guisa di menhir. Il cielo bluetto, tangibile e luminoso, contrasta con l’elementarità delle colline e la rusticità della vegetazione.

Col senno di poi, possiamo dire che la tela sembra essere stata una premonizione. Nel senso che, con poco più di un decennio d’anticipo, la morfologia delle colline racchiude un forte presagio degli scorci alto-provenzali già da tempo interiorizzati, luoghi dove Serge si confronterà con le sue capacità di trasposizione paesaggistica.

Sul dorso di ogni collina, si distinguono diverse parcelle a coltura che prefigurano già una delle caratteristiche successive della pittura di Serge, l’inscrivere e inquadrare il coltivo : paesaggi d’Arlecchino, secondo l’azzeccata definizione del poeta Axel Toursky.

Sulla parte bassa la tela è stata tagliata lungo tutta la sua lunghezza. Il nostro ancor giovane pittore aveva ritenuto opportuno conservare, dell’opera, ciò che a suo giudizio aveva un certo interesse : per metà cielo, per metà terra. Un programma che metterà in cantiere poco più di dieci anni dopo. A Montjustin.