N'étant pas, par son contenu — ni dans ses formes — une peinture actuelle, encore moins contemporaine, au sens actuel du terme, on peut penser que l'originalité de l'œuvre grandira encore, étant faite de neuf dans le siècle et d'intemporel. Cette peinture est pourtant aussi, en partie, le fruit d'une époque de rappel, qui s'interroge sur ses fondements, ses valeurs, tout autant que sur ses possibilités, donc sur son devenir.

Aussi, loin d'en être étrangers, les problèmes d'écologie et d'art de vivre s'y trouvent mis en avant, en premier plan dans de nombreux sujets qui sont — semble-t-il — la réponse toute personnelle du peintre à laquelle, dans le même sens, s'ajoute celle, plus large et plus diffuse, issue du grand réservoir en forme de corne d'abondance que constitue l'inconscient collectif. L'esprit de la peinture en étant effectivement l'idéal vecteur.

C'est pourquoi, sans aucun doute, cette peinture est aussi capable de parler à tous en général qu'à chacun en particulier.

 

Dans cette toile très architecturée, concertante comme un pur morceau de musique baroque, trois personnages attirent l'œil au premier plan. Deux discutent peut-être bien de la pluie et du beau temps tandis que sur le pas de sa porte, la femme, assise de face, prend comme à son habitude, dirait-on, un bain de pieds dans une petite bassine ronde.

Ce qui, quoi que puissent en dire les amateurs de " peinture pure ", n'enlève rien — au contraire ! — à l'art raffiné du peintre.

Village Serge