Les Rencontres de la Parole du 13 au 20 août 2013

   Cela fait huit ans — déjà ! — que la Médiathèque départementale des Alpes de Haute-Provence organise Les Rencontres de la Parole.

L'évènement est toujours annoncé haut et clair sur fond de Marché au village. Quelle bonne et judicieuse idée ! De plus, rencontrer, raconter, les verbes sont proches et l'un ne va pas sans l'autre en Provence et ailleurs.

Pour Serge, le marché de Reillanne, celui de Céreste ou de Viens, était un divertissement de roi : y faire ses courses tout en prenant plaisir à s'attarder pour bavarder avec l'un ou l'autre, échangeant les dernières nouvelles, des recettes, façons de faire, opinions, au milieu des interpellations à haute voix des bonimenteurs et des marchands forains, tout cela lui réjouissait l'âme — alors au diapason avec celle, toute entière, du village.

Peintre, il en revenait avec un panier à provisions plein à ras-bord, souvent débordant, d'images fortifiantes pour la bonne santé de sa peinture, en particulier de ses Marché qu'il nourrissait ainsi sainement, le plus simplement du monde en puisant, à son grand bonheur, son inspiration directement à la source.

Raconter était depuis toujours dans sa famille — piémontaise des deux côtés — dans les gènes, systémique. L'Italie n'est-il pas le pays où l'on parle jusqu'avec les mains ! Lui-même contait ou racontait avec un plaisir entier non dissimulé ; cet art, il le pratiquait aussi bien, pinceaux en mains, au cœur de sa peinture qu'en dehors, oralement, pour enchanter le quotidien, rêver, faire spontanément de chaque jour un jour nouveau, comme s'écrit la page nouvelle d'un livre ou — bien mieux — s'éclaire en premier, à mesure, le ciel au tout début d'un tableau.

N'est-ce pas lui —cité dans un précédent billet— qui aimait, de front, déclarer pacifiquement la guerre à la réalité pure et dure : " Ceux qui ne sont pas un brin poètes sont tous des menteurs ! " ?

Il cultivait aussi ses diverses mémoires, comme il aimait cultiver "un peu de tout " dans son jardin ; aussi, les histoires y étaient nombreuses, de toutes sortes : parents, grands-parents, tantes et oncles, cousins, étaient tous dans le domaine, ruisseaux ou rivières, les affluents intarissables d'un grand fleuve de paroles roulant à coups d'épaules à travers les générations.

Longue vie encore aux Rencontres de la Parole  et à ses conteurs !