Ce texte de Bernard Clavel à propos de sa rencontre avec la peinture de Serge nous le devons à leur ami commun le facteur-poète Jules Mougin — 1912-2010 — qui, sans doute, la provoqua. Voilà encore un personnage de talent auquel il sera bon de consacrer ici quelques pages. Il y a sa place, et comment ! Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, disons que Jules était un poète, un dessinateur, un antimilitariste virulent, pacifiste de la première heure. Un grand cœur surtout.

Il figure, à sa place, dans le fameux  Livre d'or de la poésie française de Pierre Seghers.

Facteur rural à Revest-des-Brousses dans les années cinquante, il aimait entièrement le pays que Serge peignait méticuleusement. Il envoya lui-même des milliers de lettres de par le monde, à ses amis comme aux correspondants les plus improbables. Ecrites à la plume Sergent-Major trempée dans de l'encre de Chine, toujours illustrées de dessins — enveloppe comprise ! — elles mériteraient d'être un jour rassemblées en fac-simile, et en plusieurs ouvrages tellement, on le sait, elles sont innombrables.

Clavel et Serge, eux, ne se sont jamais rencontrés ; sinon souvent, par œuvres interposées. Ce texte servit de préface à l'exposition Fiorio qui eut lieu à la Galerie 65 de Cannes, sur la Croisette, du 16 au 30 juillet 1969.

Lettre B Clavel

 Une page de Jules, présentée par Gérard Allibert.