Bonsoir André,
Je rentre aujourd'hui et je découvre tes beaux commentaires toujours illustrés de documents-surprises qui font mon bonheur. Je lis sur le blog tout mon retard et j'ai l'impression, dans chaque description, de vivre un instant de la vie du peintre ; n'est-ce pas là la meilleure façon d'offrir au lecteur la plus vivante des biographies ?

Peut-être cette note, écrite sur une page de carnet en date du 7 octobre 1990, va-t-elle t'intéresser ? Je lis : " Serge fête aujourd'hui ses 79 ans. Dans la conversation je lui fais remarquer que cette année il a peint tous les thèmes de son univers artistique : Souche, Manège, Carnaval, Neige, Paysage, Epouvantail, Forêt, Fleurs, Intérieur, alternant les petits formats avec les grands, comme il aime à le faire. Son regard devient tendre et il me répond sur un ton grave :
" Eh bien maintenant, il ne me reste plus qu'à partir ! "
Je suis saisi de stupeur et je ne sais quoi lui répondre. Pour la première fois, il évoque sa mort. Il s'arrête de parler quelques instants, et il rajoute ceci qui me rassure, le sachant en bonne santé : "Le pire, c'est la maladie."

Ensuite nous parlons des toiles à venir : "L'Italien —je l'ai déjà évoqué dans un billet précédent —veut un grand Bouquet ". Serge se lève du bureau, se dirige vers le chevalet, prend un mètre, mesure les possibilités du plus grand format possible et lit, dans le carnet de correspondance des dimensions de châssis, le format figure qui conviendrait.
" Le format le plus grand que je puisse peindre est une toile de 100 figure, mais il n'est pas pressé. Ensuite, il veut un Carnaval en forêt de même dimension.
Je me réjouis d'avance de pouvoir assister, au fil de mes visites ponctuelles, à la construction de ces grands tableaux. Malheureusement, ce projet n'a pas abouti.


J'ai retrouvé un très beau texte qui lui allait comme un gant et qu'il aimait, je te l'enverrai demain.

Je t'embrasse

François.

Manège au port

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