C'est en 1967, grâce à l'entremise de son ami le photographe Robert Doisneau, que Serge fait la rencontre d'Anatole Jakovsky, le pape des Peintres de la semaine des sept dimanches —selon le titre-réplique plein d'humour qu'il donna lui-même à l'un de ses ouvrages puisque les peintres dits naïfs furent vite dénigrés en endossant d'entrée le titre restrictif et condescendant de Peintres du dimanche — qui l'inventa ? 

Nombreux, certains d'entre eux faisant pourtant déjà bien évidemment partie de la toute grande Histoire de la peinture, à commencer par le tout premier à avoir porté l'étiquette de naïf : Henri Rousseau, dit le Douanier. A sa suite, Bombois, Dechelette, Lefranc, Séraphine, en sont quelques autres. 

Devenu bon connaisseur de l'œuvre à force de visiter les expositions Fiorio, Jakovsky l'intègre très vite à chacune de ses publications sur le sujet. Serge devient donc un naïf de plus à découvrir grâce, sans qu'il s'en rende vraiment compte, à " la qualité de ses défauts et aux défauts de ses qualités ", selon la formule consacrée de critériologie du genre.

 

Texte Jacovsky

 

Le texte précédent est celui que Jakovsky consacre à Serge dans son ouvrage :

Couverture livre Jacovsky

L'effet sur sa peinture est celui d'un coup de fouet : ses ventes quadruplent mais, sagesse oblige, sans que les prix ne cessent de lui obéir en ne faisant surtout pas la cabriole, restant même résolument au même tarif.

Pouvant alors se permettre de peindre désormais quasiment ad libitum, son œuvre s'en ressent, se développe, croît et embellit au bon sens des termes, au bon moment aussi puisqu'à cinquante-six ans, déjà maître de son métier depuis longtemps, il est également en pleine force de l'âge. Cette entrée chez les naïfs, par la grande porte, prolonge en outre le succès de ses encore récentes expositions en Allemagne efficacement orchestrées par le jeune écrivain Hubert Fichte dont, sans aucun doute, nous aurons à reparler.

Les naïfs passant de mode, un certain engouement — permanent, lui — survivra. De toute façon, sur la peinture de Serge, l'étiquette ne tenait guère, n'adhérant pas assez fortement au contenu en pleine expansion d'une œuvre en perpétuelle métamorphose.

Au bout du compte cependant, le bénéfice de ce passage est largement important, lui ayant permis de se faire connaître et reconnaître parmi quelques uns des plus grands, auprès d'un nouveau public.