Epouvantail+paysage   Un monde — on l'a souvent dit où l'air s'est immobilisé et où le temps s'arrête. C'est le monde naïf d'avant la Chute où il n'y a rien qui effraie et rien qui répugne.

Une irréalité presque ingénue, agissant sans bruit, s'y fait sentir mais, contrairement à celle du surréalisme en vogue, cousu de fil blanc, on ne saurait bien dire d'où elle vient. Au lieu de vouloir à tout prix faire dresser les cheveux ou donner des frissons, le surréalisme de Fiorio ne fait, lui, qu'ajouter encore à ce sentiment de bonheur qui émane de ses rêves.

Extrait d'un texte d'Otto Conzelman publié dans Weltkunst. Décembre 1975. Munich.

 

Dans cette deuxième toile peu banale dans toute l'histoire de la peinture, cinq thèmes se mêlent, s'accordent, s'entrecroisent : c'est sous la calme emprise de la géométrie, ici rayonnante, que Neige, Souche, Epouvantail, Carnaval, Paysage, s'y renforcent les uns les autres, y font heureusement bon ménage !

L'épouvantail est tel un personnage de théâtre monté sur une vaste scène de plein air où, solitaire, l'œil rond, il y joue pour lui-même son propre personnage, ayant la pie et le ciel pour témoins.

Dans le Paysage aux collines bleues, pourtant sans ciel, c'est bien la lumière qui orchestre à la fois les couleurs et les formes, les révèle accordées toutes ensemble, de concert.