Nombre d'artistes de tous genres —des écrivains surtout — déclarent volontiers dans leurs interviews qu'ils auraient bien aimé, d'une façon ou d'une autre, faire de la musique.

Jamais je n'ai entendu Serge abonder dans le même sentiment d'insastisfaction intérieure. Non qu'il ait été, je crois, tout à fait satisfait de lui-même, mais comblé, par contre, par les plaisirs et les bonheurs profonds que lui procurait à lui seul l'art de peindre, ceux-là ajoutés à celui de pouvoir aussi les partager autour de lui, à la ronde.

Peut-être que sa peinture est par nature, entre toutes, des plus musicales. Je pense aussi que le côté très artisanal, le contact avec la matière et sa transformation patiente et quotidienne en esprit, le passionnait énormément, au plus haut point, étant un alchimiste au meilleur sens du terme, de première force. Ainsi, il travaillait en silence, ou en musique, un peu (beaucoup !) comme si le temps n'existait pas, ou plus, loin des modes qui passent et s'usent, les unes après les autres, comme de gros nuages dans un ciel de mistral.