Certains se souviendront encore, sûrement, du bon moment qu'était toujours celui d'un café pris chez les Fiorio ; que ce soit chez Aldo et Jeanine  — frère et belle-sœur de Serge — en haut du village, chez Ida, sa sœur, en face, ou le plus souvent chez lui. 

La plupart du temps  accompagné de biscuits, faits maison ou spécialités régionales, mais en quantité, de chocolats belges ou suisses, que ramenaient très généreusement les amis étrangers à chaque périodes de vacances ; il l'était aussi, parfois, de cette formule descriptive définissant un bon café parfait et se terminant sur la révélation de la façon idéale de le boire pour bien s'en régaler, au maximum !

Sitôt la cafetière fumante sur la table, l'hôte de service se mettait alors traditionnellement à déclamer, le doigt levé, la voix grave, en prononçant fort à l'italienne et un peu comédien :

Caldo come l'inferno,

Dolce come l'amore,

Néro come l'anima di certa gènte.

Per gustarlo bène, bisogna parlare male della gènte.

Après quoi le service était fait aussitôt et nous pouvions déguster chacun notre brûlant breuvage tout en cassant d'entrée, gentiment, à tour de rôle, pour rire, notre morceau de sucre sur le dos de notre plus proche voisin de table !