Je suis vraiment étonné que tant d'italiens visitent le blog. Dommage qu'ils soient si peu loquaces ! A quand la surprise de découvrir un tableau domicilié là-bas ?

Il s'est vendu en 2008, en Allemagne, un grand tableau, 30F, représentant un genévrier dans sa nudité hivernale sur fond de paysage de neige, à l'identique de celui que tu présentes dans ton commentaire sur la peinture naïve. J'en ai une très mauvaise copie et je peux comparer les 2 tableaux. Il fallait oser ce premier plan, et le résultat est remarquable.

Merci d'avoir ajouté un point d'interrogation au mot naïf, ce qui naturellement déclenche le doute : est-ce naïf ou pas ? s'en suit la présentation de 2 tableaux que tout oppose ; pourtant ils figurent ensemble dans un livre consacré à l'art naïf. Alors naïf ou pas le tableau de Serge Fiorio ?

Dès 1967, sous l'autorité d'Anatole Jakovsky des myriades de peintres naïfs sont découverts, bien après la consécration de leurs ainés, Henri Rousseau dit le douanier, Séraphine de Senlis, Vivin, Bauchant et Bombois, tous sous contrat avec des galeristes (sauf le premier) ; et un vent nouveau déferle en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, puis une école naît en Yougoslavie( comme si on pouvait apprendre à être naïf !), dans tous les pays de l'est, la mode gagnera ensuite Haiti, puis toute l'Amérique latine, surtout le Brésil, et enfin le continent africain, l'Egypte et la Turquie ; devant cet engouement pour cette forme d'art, en 1967, la tentation était grande d'inclure Serge Fiorio dans la famille des peintre naïfs. Mais aujourd'hui, en 2014, l'œuvre achevé, (il faut rappeler la longévité exceptionnelle de son travail : il peint à l'huile depuis l'age de 20 ans, et s'arrête en 2008, il a alors 97ans) le terme de naïf nous semble impropre et ne suffit pas à définir son art qui se suffit à lui-même et qui échappe à toutes les comparaisons. C'est un peintre inclassable, à contre courant de la mode et cependant parfaitement intégré aux mouvements de son temps. Il ne refusait pas la compagnie, mais c'est en solitaire qu'il continue de nous interroger et de nous émerveiller.